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Quelles dettes ne peuvent pas être effacées lors d’une faillite à Montréal ?

Par Patricia , le 8 octobre 2024 — 5 minutes de lecture

La faillite est souvent perçue comme une solution pour effacer ses dettes et repartir sur des bases plus solides. Cependant, certaines dettes ne disparaissent pas après ce processus, surtout à Montréal. Pour comprendre ces nuances, il est important de bien cerner les exceptions qui s’appliquent dans ce cadre légal. 

En effet, malgré la faillite, certaines obligations financières continuent de peser sur l’individu. Ce qui nécessite une approche réfléchie avant de se lancer dans cette démarche.

Les dettes de pension alimentaire et les obligations familiales


La première catégorie de dettes que la faillite ne peut pas effacer concerne les dettes de pension alimentaire. Ces obligations familiales sont considérées comme prioritaires par la loi canadienne. En d’autres termes, même si une personne est déclarée en faillite à Montréal, elle demeure légalement tenue de continuer à payer les montants dus pour la pension alimentaire de ses enfants ou de son ex-conjoint. Ces dettes découlent généralement d’une décision judiciaire ou d’une entente de séparation, et le tribunal veille à ce que ces engagements soient respectés malgré l’insolvabilité.

Le but est de garantir que les personnes à charge ne soient pas pénalisées par la faillite du débiteur. Cette obligation s’étend aussi aux dettes liées aux pensions compensatoires, qui sont souvent imposées dans le cadre d’un divorce pour compenser les inégalités financières entre les conjoints. En effet, la faillite ne met pas fin à ces responsabilités familiales, car le bien-être des enfants et du conjoint est jugé prioritaire. Ce type de dette est donc inévitable, même dans les situations d’insolvabilité les plus graves.

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Les dettes résultant d’actes criminels et de fraudes

En deuxième lieu, les dettes associées à des actes criminels ne peuvent pas non plus être effacées par une faillite. Si un individu a été condamné pour fraude ou un autre crime qui a entraîné des pertes financières, la loi l’oblige à rembourser ces montants, et la faillite ne change rien à cette exigence. Par exemple, si une personne a utilisé une carte de crédit de manière frauduleuse avant de déclarer faillite, elle sera toujours tenue de rembourser cette dette. Il en va de même pour les dettes résultant d’une amende pénale ou de dommages et intérêts imposés par un tribunal en raison d’un comportement criminel.

Cette protection permet de maintenir une équité morale au sein du système juridique. Cela vise à empêcher qu’une personne puisse échapper aux conséquences financières de ses actes illégaux simplement en déclarant faillite. Ces dettes liées à des infractions graves restent donc valides même après la procédure de faillite. Le débiteur doit, dans ce cas, trouver d’autres solutions pour honorer ses obligations envers ses créanciers, car la loi protège les victimes de ces crimes financiers.

Les prêts étudiants sous certaines conditions

Enfin, une autre catégorie de dettes fréquemment rencontrées concerne les prêts étudiants. Contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, ces dettes ne sont pas systématiquement effacées lors d’une faillite. En effet, la législation canadienne impose un délai minimum de sept ans après la fin des études avant que les prêts étudiants ne puissent être inclus dans la faillite. Cela signifie que si une personne déclare faillite moins de sept ans après avoir terminé ses études, elle restera responsable du remboursement de son prêt étudiant.

Ce délai a été mis en place pour éviter que les étudiants fraîchement diplômés ne déclarent faillite simplement pour échapper à leurs obligations financières. Toutefois, il existe des exceptions. Dans certaines situations spécifiques, un emprunteur peut demander une libération anticipée de son prêt étudiant, mais cette option reste rare et dépend d’une décision judiciaire. Cela montre bien que la loi protège les institutions de prêt, tout en incitant les débiteurs à honorer leurs engagements sur le long terme.